« Dans Dior il y a Dieu et Or .... »
Une belle définition pour celui qui a libéré la femme de l'austérité d'après-guerre. « Les femmes, répétait-il, avec leur instinct si star, ont dû comprendre que je rêvais non seulement de les rendre plus belles, mais plus heureuses ». Un bonheur partagé par celles qui ont eu la chance de fréquenter ses cabines d'essayage.
Christian Dior incarnait « LA » mode française. Portrait de l'inventeur du New-Look, dont le nom brille toujours en lettres d'or.
Né il y a tout juste Cent ans à Granville, le 21 janvier 1905, sa vie ressemble à un tableau de Monet. Douceur et volupté règnent dans les jardins des Rhumbs, la résidence de ses parents « j'en garde le souvenir le plus tendre et le plus émerveillé . Ma vie, mon style, doivent presque tout à sa situation et à son architecture.
Elle se dressait sur une falaise au milieu d'un assez grand parc. La maison était crépie d'un rose très doux mélangé avec du gravier gris, et ses deux couleurs sont demeurées en coutures mes teintes de prédilection. »
Maurice Dior, son père, est producteur d'engrais, et Madeleine sa maman, une femme raffinée et amoureuse des fleurs. Timide, romantique, un peu grassouillet, Christian Dior a deux frères et deux sueurs. Mais il leur préfère la compagnie de ses camarades pour grimper sur les rochers du Plat-Gousset, au pied du casino.
« Granville dont nous étions séparés par un kilomètre, était pendant neuf mois un petit port paisible, et les trois mois d'été, un quartier élégant de Paris. Comme toutes les plages normandes à la mode, Granville voyait affluer une clientèle fidèle et stable. Les cours de danse pour la jeunesse, le casino avec ses petits chevaux et ses flonflons.
Pendant les neuf autres mois de l'année, isolés dans notre propriété comme dans une île loin de la Basse-Ville livrée au commerce, nous ne voyions pratiquement personne. Cet isolement convenait à mes goûts, ayant hérité de ma mère la passion des fleurs.
C'est à cette douce et traînante vie de province, qu'à cinq ans mes parents ayant décidé d'habiter Paris, je fus tout à coup arraché. J'en ai conservé 1a nostalgie des nuits de tempête, de la corne de brune, du glas des enterrements et du crachin normand, au milieu desquels s'est passée mon enfance.
1925 : Christian Dior a tout juste vingt ans, dans cette entre-deux-guerres où brille le tout Paris, Charles de Noailles, Paul Poiret, le comte Étienne de Beaumont et lui-même jouent les mécènes d'artistes désargentés. Serge Diaghilev, Jean Cocteau, créateurs de bals masqués éblouissants, inventeurs de fêtes hautes en couleurs, tissent sans le savoir, la trame du futur couturier.
Ancien élève au lycée Gerson, puis auditeur libre à l'institut des Sciences Politiques de la rue Saint-Guillaume, Christian Dior est intronisé dans le cercle de la jeunesse dorée, et rencontre Jean Cocteau.
Après un bref passage dans l'armée, Christian Dior sous l'influence de Max Jacob, s'essaie à la vente d'art. Toutes ses tentatives se soldent par des échecs. C'est le début d'une série noire .
Sa famille a été ruinée par la crise de 1929, et il est profondément atteint par la mort subite de sa mère. Atteint de tuberculose, le jeune esthète s'exile à Front-Romeu puis aux Baléares, où il apprend la tapisserie.
A son retour, sans argent, il croque de la pointe d'un Conté, une silhouette fine et aérienne, sur papier Canson. Le dessin est vendu 120 francs ...
Illustrateur de mode pour le Figaro et Vogue, modéliste chez Robert Piguet, le plus grand couturier de l'époque, puis chez Lucien Lelong avec Pierre Balmin en 1941.
Christian Dior pénètre datas la haute couture en 1946, avec le soutient financier de Marcel Boussac. Il fonde la maison Dior au 30 Avenue Matignon.
Le 12 février 1947, Christian Dior présente sa première collection, Corolle, Carrures étroites, corsages sanglés, jupes amples pour une allure ultraféminine baptisée « New Look ». Une révolution qui le rend aussitôt célèbre.
Huit, Zig-zag, Envol, Ailée, Trompe-Poil, Tulipes, Fuseau, Trapèze, Muguet : ses lignes se déclinent avec légèreté, mélange de chic et d'audace. Moderne et élégante, la femme Dior peut aussi se parer des plus beaux chapeaux, souliers, parfums et bijoux, qui portent désormais le nom de la « Maison Dior ».
Christian Dior rentre alors dans la légende.
Le 24 octobre: 1957 , après dix ans de création, le couturier succombe à une crise cardiaque en Toscane. Ses funérailles à Saint-Honoré-d'Eylau, sont dignes de celles d'un chef d'Etats.
A Passy, son appartement de douze pièces est transformé en chapelle ardente, recouverte de roses rouges et de muguet, ses fleurs fétiches. Un hommage de tous ceux qui l'ont aimé, tel son assistant Yves Saint-Laurent, qui reprendra le flambeau.
Depuis, ces successeurs Marc Bohan, Gianfranco Ferré et, aujourd'hui, John Galliano entretiennent l'esprit de la « Maison Dior ».
Un demi-siècle plus tard, La griffe n'a pas pris un pli.
La villa des rhumbs à Granville, est aujourd'hui un lieu de mémoire transformé en musée. Il restitue à travers les expositions, les collections, les modèles, les photographies, les dessins, les peintures et les objets, l'itinéraire de couturier et son époque.
Vous pouvez obtenir plus d'information sur Christian Dior en consultant son autobiographie et d'autres ouvrages,. aux Archives Historiques de La Médiathèque de Granville : rue Clément Desmaisons.
Si vous souhaitez d'autres informations : http://www.musee-dior-granville.com/